Zone interdite

Soirée spéciale violences faites aux femmes

Violences conjugales : ce fléau qui tue

À la cour d'assises de Besançon (Doubs), un homme va être jugé pour avoir tué sa compagne. Elle voulait le quitter. Il ne l'a pas supporté. Il l'a étranglée en pleine nuit et a pris la fuite abandonnant son corps auprès de leur nourrisson de quelques mois. Les voisins n'ont rien vu, rien entendu. En exclusivité, les équipes de Zone Interdite ont pu assister aux coulisses du procès auprès des parents de la jeune femme et de l'avocat de son meurtrier. Tous les deux jours, la liste des féminicides s'allonge inéluctablement. 124 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-compagnon depuis le mois de janvier. Combien encore d'ici la fin de l'année ? Pourquoi ces femmes n'ont-elles pas été sauvées ? Comment faire pour lutter contre ce fléau ? Avec l'accord exceptionnel des tribunaux de Besançon et de Lille (Nord) ainsi que des équipes de police, ce documentaire propose une plongée dans le parcours judiciaire des victimes. Du dépôt de plainte au déferrement de l'auteur devant le procureur. Cependant notre système est loin d'être parfait. Bien souvent, les victimes se sentent incomprises et délaissées… Seule une femme sur cinq déposera plainte au commissariat et nombreuses sont celles qui la retireront ensuite… Harcèlement psychologique, agression physique, parfois sexuelle, cette violence au sein du couple, se terre, se tait, se dissimule. Pourtant, elle touche une femme sur dix en France. Dans votre entourage, il y a sûrement une victime… Avec courage, des femmes ont accepté de se dévoiler et témoignent à visage découvert du calvaire qu'elles ont vécu ou vivent encore. Souvent les victimes ont peur et ont honte d'en parler. Certaines culpabilisent même. Comme Cynthia, 33 ans, salariée d'une usine, qui malgré les coups, retourne vers son compagnon : « J'ai l'impression que c'est moi la coupable. Il s'excuse, il est désolé. Mais il y a toujours cette phrase qui dit « tu l'as un peu mérité, tu m'as poussée un peu à bout ». Aurélie, 40 ans, chauffeur routier, se confie aussi sur ses dix années de souffrance : « C'est un cercle vicieux, c'est un engrenage, c'est des menaces, du chantage, se servir des enfants, et quand on est là-dedans on ne sait plus comment s'en sortir ». Dans cette spirale de la violence, ses enfants ont aussi été victimes, témoins des disputes et des coups… Pourquoi les femmes victimes de violences conjugales restent-elles avec un partenaire violent ? Quelles sont les raisons qui les empêchent d'agir ? Pourquoi les chiffres des violences ne baissent-ils pas malgré la parole qui se libère ? À Saint-Germain en Laye (Yvelines), un centre unique accueille les femmes meurtries et bien souvent précarisées. Médecins, infirmières, juristes, psychologues, ostéopathes, tentent de les remettre dans la vie, de les sortir de ce statut de victime.