Enquête exclusive

11 septembre : 20 ans après, le retour des Talibans

20 ans après les attaques terroristes de New York, tous les regards se tournent vers l'Afghanistan, là où tout a commencé. À l'époque, Ben Laden et son réseau Al Qaida y sont protégés par les Talibans, des islamistes ultra radicaux qui dirigent le pays d'une main de fer. L'Amérique leur déclare la guerre et le régime taliban tombe en à peine trois mois. Aujourd'hui, il n'y a plus de soldat américain sur le sol afghan. Et les Talibans viennent de reprendre le pays. Comment ce retour, qui rappelle l'une des pires tragédies de notre époque, a-t-il été rendu possible ? D'Afghanistan aux États-Unis, du Pakistan à la France, en passant par le Qatar, les équipes d'Enquête Exclusive racontent l'histoire de ce groupe fondamentaliste, directement lié au terrorisme international. Elles ont rencontré de nombreux témoins qui les ont combattus mais aussi certains de leurs anciens membres et soutiens. Nos journalistes ont notamment suivi la trace de plusieurs chefs talibans, en exil à l'étranger ou dans les zones afghanes sous leur contrôle. Un haut dirigeant nous a exceptionnellement accordé un long entretien. Son nom : Mohamed Nabi Omari. Son destin raconte, à lui seul, la naissance et la puissance du mouvement taliban, ainsi que ces vingt ans de guerre qui ont changé le monde. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, lorsque les Talibans sont chassés d'Afghanistan, certains de leurs chefs, dont Mohamed Nabi Omari, sont capturés et envoyés à Guantanamo, centre de détention militaire de haute sécurité tenu par les Américains sur l'île de Cuba. Retranchés au Pakistan, ou dans leurs bases secrètes en Afghanistan, les Talibans contre-attaquent. Attentats, embuscades, guérillas, rien ne les arrête. Censées assurer la sécurité dans le pays, les troupes américaines s'embourbent. Peu à peu, les Talibans reprennent du terrain. Dès 2014, ils sont en position de force. En échange d'un otage américain, cinq hauts dirigeants talibans (ex-proches du mollah Omar) sont libérés de Guantanamo après treize ans de détention. Parmi eux, Mohamed Nabi Omari. Assigné à résidence au Qatar, il n'a pas le droit de rentrer en Afghanistan. On pourrait le croire affaibli. Au contraire, il est plus puissant que jamais. Nommé diplomate, il négocie même avec les Américains dans le cadre des pourparlers de paix qui se tiennent à Doha, au Qatar, entre Talibans, Américains et Afghans. Mais sur le terrain, il n'y a plus de paix, c'est déjà la guerre. Avec le départ des GI'S, la voie est donc libre pour les Talibans. L'armée afghane est abandonnée à son sort. Nous avons suivi Habib, jeune militaire de l'armée nationale afghane, dans un camp retranché. À Kaboul, les femmes, premières victimes des Talibans il y a vingt ans, sont maintenant menacées de mort, comme Rahima, juge d'instruction à Kaboul, et Sabira, survivante de l'attentat de son école le 9 mai dernier.