Dollars, derricks et or noir : les nouveaux rois du pétrole américain
Alors que le monde entier scrute avec angoisse les fluctuations du prix du baril, les huit-mille petits producteurs de pétrole américains se frottent les mains. À eux seuls, ils représentent 80 % de la production du pays et, quand les cours montent, les dollars remplissent leurs poches. Avec plus de dix millions de barils extraits chaque jour, les États-Unis sont redevenus le premier producteur de pétrole au monde devant l’Arabie saoudite et la Russie. Leur production a presque triplé ces dix dernières années. Le secret de ce boom : une technique de forage qui permet l’exploitation du pétrole de schiste. Comme à l’époque du Far West, des prospecteurs espérant faire fortune se ruent sur l’or noir. Des ouvriers aux ingénieurs en passant par les propriétaires de terrains regorgeant de pétrole, toute une économie profite de cette embellie. Et le nombre de millionnaires explose. En tête, le Texas, qui fournit près de 50 % de la production nationale. Des villes y poussent comme des champignons autour des puits de forage, comme à Midland, à l’ouest de Dallas. Des milliers de « oil men » - les travailleurs du pétrole - débarquent de tout le pays pour travailler dans l’industrie pétrolière, et amassent des sommes colossales. Un simple ouvrier touche 15 000 dollars par mois ! L’or noir ruisselle sur toute l’économie locale : supermarchés, restaurants et même cafés drive-in, où des serveuses en mini maillot de bain peuvent gagner plus de 300 dollars par jour. Mais les forages laissent des terres polluées et des nappes d’eau contaminées, parfois pour plusieurs décennies. Ce sont les « puits-zombies » : il y en aurait plus de 10 000 au Texas. Des associations se battent, souvent en vain, pour que les responsables de ces exploitations abandonnées prennent en charge leur dépollution. Plongée dans l’univers impitoyable des nouveaux millionnaires du pétrole américain.