Saisonniers : pour le meilleur et le pire des jobs d’été
Serveurs, voituriers, plagistes ou femmes de chambre… ils sont les petites mains de nos vacances. Chaque été, plus d’un million de saisonniers font tourner la grande machine touristique française. Pour certains, c’est le bon plan rêvé : soleil, pourboires et gros salaires. Pour d’autres, c’est un calvaire : pénurie de main-d’œuvre, horaires à rallonge, travail non déclaré et logements indignes. À Marseille (Bouches-du-Rhône), Serge, ancien informaticien devenu capitaine, a transformé sa passion en jackpot. Tout l’été, il loue son yacht de 20 mètres à des touristes venus s’offrir quelques heures de luxe en mer. À Saint-Tropez, Ruben et Hugo, deux frères jumeaux de vingt-deux ans, ont décroché un job en or dans un hôtel 5 étoiles où la nuit peut coûter 2 400 euros. Majordomes, voituriers, serveurs, hommes à tout faire : ils peuvent gagner plusieurs milliers d’euros par mois. Mais dans ce monde du luxe, la moindre erreur se paie cash. Ailleurs, la saison vire au casse-tête. En Normandie, Mathieu et Julia, restaurateurs, n’arrivent plus à recruter. Il leur manque quatre personnes pour faire tourner leurs deux restaurants. Les commandes s’accumulent, les clients attendent, et une partie de la salle doit fermer en pleine saison. En urgence, ils font venir trois travailleurs roumains. Face à la pénurie, des agences recrutent désormais massivement en Europe de l’Est. En Pologne, des candidates passent des entretiens et des tests grandeur nature pour décrocher un poste de femme de chambre en France, avec un salaire deux fois supérieur à celui de leur pays. Mais tous les saisonniers ne tombent pas sur des patrons respectueux. En Corse, Allan, 24 ans, pensait avoir trouvé un job avec logement. Il se retrouve sans contrat, sept jours sur sept, avec des horaires à rallonge et un logement insalubre, infesté de cafards. Pour traquer ces dérives, les inspecteurs du travail multiplient les contrôles. À Quiberon (Morbihan), Mickaël découvre des salariés non déclarés, des mineurs employés sans autorisation et des horaires excessifs. Des infractions passibles de lourdes sanctions.