Enquête exclusive

Trafics, violences : nos prisons vont-elles craquer ?

Aujourd’hui, les 46 000 agents pénitentiaires font face à une nouvelle génération de détenus qui n’hésitent plus à attaquer frontalement l'institution. En cinq ans, les agressions contre le personnel ont explosé, augmentant de 57 %. Une guerre d'usure se joue désormais à l'intérieur comme à l'extérieur des murs de nos prisons. Pendant plusieurs mois, nos caméras ont plongé dans deux établissements sous tension. Au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), la surpopulation et les trafics gangrènent la détention. Désormais, la nuit, le danger vient du ciel : des nuées de drones livrent de la drogue, des téléphones et parfois des armes blanches directement aux fenêtres des cellules, menaçant la vie des agents. À Valence (Drôme), la prison accueille un grand nombre de détenus sensibles liés au crime organisé. Un danger supplémentaire pour les personnels pénitentiaires, puisque des organisations criminelles, apparentées notamment à la DZ Mafia, n’hésitent pas à tirer à l’arme automatique sur les établissements, incendier des véhicules personnels et menacer les surveillants jusque dans leur vie privée. Nous avons recueilli le témoignage glaçant de l’un d’entre eux, passé à tabac sous les yeux de sa famille. Face à ces nouveaux dangers, 137 Équipes Locales de Sécurité Pénitentiaire (ELSP) suréquipées ont été déployées pour maintenir l’ordre dans les prisons françaises, tandis que 450 véhicules, dont certains blindés, protègent désormais les transferts de détenus. Nos équipes ont suivi ces professionnels sur le fil du rasoir et filmé les instants précis où leurs missions de routine peuvent basculer. Immersion sans filtre auprès de ceux qui risquent leur vie pour maintenir l'ordre face à la grande criminalité.