Trump et son clan : hold-up sur la Maison-Blanche
Des milliards de dollars amassés, une Maison-Blanche transformée en palais et une famille qui fait prospérer ses affaires au sommet de l'État, depuis son retour au pouvoir, Donald Trump gouverne les États-Unis comme son propre empire. Mais jusqu'où le 47ᵉ président des États-Unis peut-il mettre la présidence au service de son clan ? À la veille du résultat des élections de mi-mandat, enquête sur la dérive autocratique de Donald Trump. Alors que l'inflation continue de frapper le pays, les affaires de la famille Trump prospèrent. La fortune de Donald Trump dépasse désormais les six milliards de dollars. Ses fils Eric et Donald Jr. développent leurs projets immobiliers à l'étranger et leurs activités dans les cryptomonnaies. Le mélange des genres entre business et diplomatie est total. Cette confusion entre pouvoir et intérêts privés inquiète jusque dans l'ancien entourage du président. Ty Cobb, avocat de la Maison-Blanche lors du premier mandat, dénonce un homme prêt à tout pour s'enrichir et se maintenir au pouvoir. Pour le psychologue John Gartner, qui analyse ses prises de parole depuis dix ans, le culte de sa propre personne a des conséquences bien réelles sur sa manière de gouverner. Alors que les Américains s'inquiètent de leur pouvoir d'achat, leur président affiche les attributs d'un souverain. Dans le Bureau ovale, la décoration a bien changé depuis son retour au pouvoir. Les dorures s'accumulent. Une salle de bal de plus de 8 000 m², largement financée par le contribuable américain, doit bientôt venir compléter le palais présidentiel. Pour ses quatre-vingts ans, Trump a même fait transformer la pelouse de la Maison-Blanche en arène de MMA. Le président se pose en empereur romain, adoubé par des pasteurs évangéliques qui le déclarent « choisi par Dieu ». Et ceux qui lui résistent s'exposent à son courroux. Les juges qui contrarient le président sont publiquement insultés, tandis que les menaces de mort contre les magistrats fédéraux ont bondi de près de 60 %. Des campagnes d'intimidation dignes de méthodes mafieuses sont utilisées pour les traquer, visant même leurs familles.