Enquête d'action

Argent, trafic, débrouille : les secrets des camps roms

Les Roms sont l'une des communautés les plus fermées de France, l'une des plus décriées aussi. Pourtant, ils ne sont que 20 000 sur notre territoire, à peine 0,02 % de la population. Mais leurs camps en lisière des villes et leur mode de vie clanique dérangent, et certains membres ont pris le chemin de la délinquance. Vols, trafics : leurs larcins rapportent parfois l'équivalent d'un SMIC par semaine, entraînant la colère des riverains qui les accusent de tous les maux : dégradations, cambriolages, insultes. Nantes abrite le plus grand campement rom de France : la Prairie de Mauves. Immersion inédite dans cette véritable ville dans la ville, avec son église, son garage, son bar et sa centaine de caravanes. Les conditions de vie y sont très précaires. La moitié des 800 habitants travaille chez les maraîchers des alentours. Car on ne le sait pas forcément, mais ce sont les Roms qui font tourner les exploitations de la région. À Moissac, surnommée la « Capitale du fruit », 85 % des ouvriers sont des Roms originaires de Roumanie ou de Bulgarie. Dans cette ville du Tarn-et-Garonne, la densité de Roms est la plus élevée de France. Ils représentent 12 % de la population et contrairement à Nantes, ils habitent dans le centre-ville, dans des appartements. Et la cohabitation avec les Moissagais devient de plus en plus difficile et la police municipale est aux aguets. La mairie a fait installer des caméras de surveillance devant les commerces des membres de la communauté, une mesure que les Roms jugent abusive.